Les 50 disques qui comptent : le numéro 7.

QUEEN : « News of the World », 1977.

Et oui, une nouvelle fois Queen, et encore vous n’avez pas tout lu!


Ce News of The World est la preuve la plus simple et la plus évidente que les best of qu’on nous vend à longueur de temps (c’est particulièrement vrai pour Queen tant il y en a eu dans plein de versions) sont une vaste fumisterie !

En effet, les deux singles de cet album sont sans doutes les titres les plus faibles du disque. Bon, oui, c’est un peu aidé par le fait qu’on a évidemment trop entendu ces deux morceaux, et ce depuis 30 ans ; puisqu’il s’agit de We will Rock You et We are the Champions.

Plutôt que de me paraphraser, voici un extrait de la chronique du disque que j’avais écrit pour http://www.albumrock.net. Morceaux choisis.

Si « Bohemian Rhapsody » avait donné 2 ans plus tôt une vraie crédibilité artistique, « We Will Rock You » et « We Are The Champions » allaient faire passer le groupe dans une autre dimension populaire, commerciale, draguant le grand public dans sa largeur la plus totale.Ces 2 arbres cachent pourtant une magnifique forêt, variée, foisonnante, et pour la première fois dans la discographie du groupe : moderne. Si News Of The World est l’album le plus accessible de Queen, il le doit sans doute davantage à sa modernité qu’à ses deux premiers singles. Il y a sans doute moins de folie que sur A Night at The Opera, moins d’expérimentation également, mais cela sert l’homogénéité de l’album et son aspect rock très direct, ainsi qu’une production plus brute qu’à l’accoutumée. Une raison toute simple à cela : Freddie Mercury laissa beaucoup plus de place aux autres membres sur la composition des chansons.
Là où sur les albums précédents, Mercury se taillait la part du lion, il compose pour la première fois moins de chansons que Brian May, qui signe 4 titres (soit un de plus que Mercury). Taylor et Deacon se voient créditer chacun de deux titres, une première également.Différent aussi par sa pochette, une des rares réussies du groupe, où l’on retrouve nos 4 britanniques dessinés façon Science fiction ; idée initiée par le batteur Roger Taylor, grand passionné de SF.
C’est d’ailleurs lui qui ouvre les hostilités après le duo inaugural. Il nous offre un « Sheer heart attack » qui déboule à 300 à l’heure, dans la droite lignée de la mouvance punk de l’époque (nous sommes en 1977). Un titre joué vite, fort, presque motorheadien dans son esprit et son « urgence ».Comme souvent avec Queen, on alterne titres bruts et ballades plus légères. Le groupe ne déroge pas à la règle sur News Of The World, où May nous propose un « All Dead, All Dead » aérien et lumineux. Un piano-voix (celle de May), simple, direct et franchement réussi.C’est d’ailleurs Brian May lui-même qui regrettera plus tard que le groupe ait délaissé un peu le piano dans leurs compositions. Et quand on voit la qualité du piano-voix de Mercury sur « My Melancholy Blues », on ne peut qu’être d’accord avec lui.
S’il est encore nécessaire de prouver les capacités vocales hors normes de Mercury, il suffira de se pencher sur « My Melancholy Blues » pour en être définitivement convaincu. Freddie Mercury se mue en crooner jazzy et nous livre une démonstration de feeling et de technique vocale dans un blues de très haute volée, avec cette toute petite touche rétro, qui confine au sublime.
Ce disque est jusque là déjà réussi alors que les pièces maîtresses de l’album n’ont même pas été évoquées. Et en attendant de s’y atteler, même les titres supposément plus faibles parviennent à ne pas tourner en rond  : des sonorités caribéennes de « Who Needs You » ? à la très rockabilly « Sleeping On the Side Walk » et son solo de guitare Claptonien , Queen a toujours quelque chose à proposer à l’auditeur.
Mais là où le groupe frappe fort, c’est sur deux titres, très différents et injustement oubliés des playlists  et best-of habituels du groupe. Il s’agit pourtant de classiques immuables pour tous les plus fins connaisseurs du groupe.
Tout d’abord « It’s Late », titre rock parfait, chanson à « tiroirs » avec un couplet très hard rock, un premier pont agressif (quelles lignes de basse de Deacon encore une fois…), un second pont presque boogie-rock dans l’esprit (mention spéciale à May dont la Red Special est impossible à reconnaître) et un final épique, pied au plancher de la part des 4 musiciens. C’est à se demander comment ces 6 minutes dantesques ont pu échapper au premier News Of The World
La donne est un peu différente pour « Spread Your Wings », qui fût choisie comme troisième single du groupe en février 1978, mais dont le tort fut de sortir bien après le diptyque « We Will Rock You » et « We are the champions » (sortis en tant que singles en octobre 1977) et qui n’eût pas le succès de ses illustres prédécesseurs. Cette chanson a pourtant une spécificité quasi unique dans toute la longue discographie du groupe : l’absence totale de chœurs.
C’est d’ailleurs assez troublant, voire grisant de constater que lorsque le groupe renonce pour la première fois à sa marque de fabrique (les chœurs donc), il y apparaît d’autant plus sobre, efficace et plus que jamais convaincant. Car « Spread Your Wings » que l’on doit au bassiste John Deacon, est un de ces titres mid-tempo absolument imparable.L’intro au piano, Le chant incandescent de Mercury (qui n’a peut être jamais aussi bien chanté), le refrain simple (et si efficace) et l’outro de May font de ce titre un des meilleurs du groupe, très, très loin devant bon nombre de leurs hits des années 80.
Quel dommage que le groupe n’ait pas poussé un peu plus loin cette idée de sobriété et de simplicité.
C’est pour cette raison que ce News Of The World est difficile à chroniquer pour tout amateur de Queen : l’omnipotence des singles de l’époque, l’injuste sort réservé au reste de l’album ; alors que le potentiel y est incroyable (et qui a  très bien vieilli) et surtout ces années 80 qui pointent le bout de leur nez avec leurs gros sabots et leurs synthétiseurs tout aussi envahissants…Car si le fameux slogan du groupe « No Synthetisers! » était jusque là fièrement brandi sur les pochettes de leurs album, ses jours sont désormais comptés, et ce malgré la réussite artistique évidente de ce News Of The World.

C’est un peu long, mais il s’agit d’une chronique à la base, mais c’est sans doute le strict minimum pour rendre hommage à ce grand disque souvent oublié il faut bien le dire.

Genre : Stadium-rock, puis pop, puis heavy, Queen en somme !

A écouter : « Spread your Wings » honteusement absent des best of du groupe.

Relire le numéro 8.

Relire la chronique complète sur albumrock.net

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