Vignettes Panini, Chris Waddle et Kostadinooov.

J’ai souvent l’habitude de parler ici de ma passion débordante pour la musique, un peu moins pour mon autre passion, qui remonte à plus longtemps que la musique d’ailleurs : le football.

Oui, évidemment le foot a mauvaise réputation. Et j’aime autant le « jeu » que j’exècre ses excès.

Difficile aujourd’hui d’avouer sa passion pour ce sport sans passer pour un « beauf » ou pour tomber dans une marmite de clichés. « Trop payés », « trop de caprices », « on leur passe tout », « les footballeurs sont idiots », « ils n’ont qu’à courir plus ». Voilà une courte liste non exhaustive qu’on peut entendre à longueur de temps sur le foot, à plus forte raison en France. Et c’est toujours aussi pénible à entendre lorsque l’on est comme moi, un passionné. C’est encore plus énervant d’entendre les mots que l’on associe souvent aux supporters de foot : beaufs, décérébrés, fanatiques, j’en passe et des meilleurs.

Pourtant, le foot continue d’être le sport populaire N°1 dans le monde, et je continue d’en être passionné, malgré ses excès. Je suis tombé dans le foot un peu par hasard. Pour beaucoup de passionnés, c’est le fruit d’une transmission, d’un héritage familial. Ça n’est pas mon cas, mon père regardant à peine certains gros matchs (à une époque où il n’y a pas beaucoup de foot à la télé), là où mes frères n’ont jamais été intéressés par le sport d’une manière générale, et encore moins par le football. L’avantage par contre d’avoir des grands frères avec un vrai écart d’âge (5 et 6 ans de moins qu’eux), c’est qu’ils t’apprennent plein de trucs : j’ai su lire très tôt grâce à eux, en m’incrustant dans leurs parties de Boggle. C’est quelque chose que je leur dois, « à vie » : l’apprentissage de la lecture.

C’est aussi à cette période là que je récupère des vignettes Panini de joueurs de foot pour perfectionner ma lecture et entraîner ma mémoire par la même occasion. Je ne sais plus exactement comment, où et pourquoi mais je me revois apprendre par cœur le nom des joueurs de foot, et les réciter à qui veut bien les entendre en cachant le nom du joueur. C’est mon premier contact avec les jeux de mémoire et les footballeurs, même si je n’ai pas encore vu réellement de foot à la télé, et que je n’ai toujours personne dans mon entourage pour m’initier au jeu en tant que tel. C’est du côté de l’école qu’il faut se tourner pour dater le décollage réel de ma passion pour ce sport. Je suis au collège, on doit être en 1991 ; je ne connais absolument personne dans ma classe, j’ai un an d’avance et les copains de mon village sont encore en primaire. Et en 6ème, à cette période, les sujets de conversation de prédilection à la récré se résument souvent au foot. Et oui, le foot est un aussi un vecteur d’intégration pour ceux qui ne le pratiquent pas forcément, et encore plus pour un pré-adolescent qui veut se faire une place au collège. 

Frédéric est le premier avec qui je commence à parler foot, lui y joue depuis son plus jeune âge et semble tout connaître sur l’histoire de ce sport. On se lie d’amitié et on forme rapidement un petit groupe de copains de la même classe, où les lendemains de coupe d’Europe font l’objet de chambrage à l’inter-cours. Il y a Hervé, le français pur souche, fan de l ‘Aj Auxerre, Philippe, franco-portugais, Julien l’Allemand d’origine, moi et mes origines italiennes et Frédéric, qui s’identifie en Néerlandais , lui qui passe toutes ses vacances d’été en camping avec des Hollandais.

C’est la belle époque des coupes d’Europe, et chaque lendemain de soirée Européenne, on compare les performances de nos clubs/pays respectifs. Nous sommes avant l’arrêt Bosman, et les connaisseurs le diront, difficile de le nier : de ce point de vue là, le foot c’était mieux avant. Je vous parle d’un temps où le foot à la télé est gratuit : les coupes d’Europe se répartissent du mardi soir au jeudi soir, en prime-time sur TF1 avec Roger Zabel en plateau, reportages à la mi-temps etc. C’est par le biais d’un match de Coupe d’Europe que j’arrive à peu près à dater mon premier vrai souvenir d’émotions devant un match de foot  : mai 1991 pour être précis.

J’ai bien du voir des matches de la coupe du monde 86 (c’est davantage une photo dans l’album familial qui le prouve plus que ma mémoire) ou de la Coupe du monde 90, mais sans être capable de citer précisément l’affiche. Alors que ce match de mai 91, qui oppose Marseille à l’Etoile Rouge de Belgrade, je m’en souviens assez « facilement ». Marseille est en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, après avoir sorti le grand Milan AC dans un duel épique avec notamment un but de Chris Waddle. Et c’est Chris Waddle le premier joueur « frissons » qui m’a fait aimer le football. C’est lui qui me fait aimer Marseille, moi l’ado du fin fond d’Isère. Waddle ne jouait comme personne. Grand, dégingandé, mais avec des gestes magiques, atypiques et qui fera l’objet de mon premier produit dérivé du foot : un magnifique tee-shirt avec son portrait et son maillot « Panasonic ». Revenons au match, si le résultat nous est défavorable, je retiens surtout quelques images fortes : les larmes de Boli mais surtout la dramaturgie d’une séance de tirs aux but, et la « douleur » de voir son équipe perdre, à plus forte raison dans ces conditions terribles.Mon premier souvenir précis de foot est donc une défaite d’un club français.

« Kostadinoooooooooooov« 

Le second souvenir précis sera bien pire encore : FRANCE-BULGARIE, le 17 Novembre 1993, où on le sait, un seul point suffit pour aller à la coupe du Monde aux Etats-Luis. On connaît la suite, Ginola, Kostadinooooooov, et bye bye le rêve américain.De mon côté, je suis abasourdi, prostré, en larmes dans mon lit et ne vois absolument pas courant je pourrais aller au collège le lendemain.. D’un point de vue purement sportif, je fais partie de ceux qui pensent qu’on perd la qualif au match précédent, où nous perdons au Parc des Princes 2-3 face à Israël. L’arrogance et la suffisance française firent le reste : avant le match contre la Bulgarie, on diffuse « l’Amérique » de Joe Dassin dans les enceintes du stade, c’est limite si les billets d’avion ne sont pas déjà réservés.Bref, voilà comment est née ma passion pour ce sport : dans la défaite, la désillusion ni plus ni moins. 

Dans le prochain article, je me pencherais sur ce que le foot m’a apporté malgré ces défaites initiatiques.

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